Littérature

Estelle Sarah Bulle, Là où les chiens aboient par la queue

Estelle Sarah Bulle, Là où les chiens aboient par la queue

Dans la famille Ezechiel, c’est Antoine qui mène le jeu. Avec son «nom de savane», choisi pour embrouiller les mauvais esprits, ses croyances baroques et son sens de l’indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni Petit-Frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Mais sa mémoire est comme une mine d’or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l’histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis la fin des années 40: l’enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l’inéluctable exil vers la métropole…

Intensément romanesque, porté par une langue vive où affleure une pointe de créole, « Là où les chiens aboient par la queue » embrasse le destin de toute une génération d’Antillais pris entre deux mondes.

Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde 2018

Éditeur original : Liana Levi

Critiques

  • Estelle-Sarah Bulle joue avec le rythme de la phrase, la création de mots, mais elle cherche aussi à nous ouvrir les yeux sur le monde. […] La poésie facétieuse d’Estelle-Sarah Bulle est une manière délicate de parler d’exil et de faire connaître aux lecteurs des événements historiques méconnus.
    Telerama, Christine Ferniot, 23 septembre 2018
  • Estelle-Sarah Bulle a puisé dans sa propre histoire et apprivoisé le créole de ses aïeux pour écrire ce tendre récit des origines. […] Son livre est une épopée poétique et politique, un puissant hommage aux « sang-mélangé » et à la résilience des déracinés.
    La Croix, Jeanne Ferney, 6 septembre 2018
  • Le génie de « Là où les chiens aboient par la queue » tient d’abord à cette trouvaille : un prénom masculin imaginé pour celle qui associait une féminité flamboyante à une liberté d’allure et de vie qu’on ne prête qu’aux hommes.
    Libération, Claire Devarrieux, 14 septembre 2018
  • Dans « Là où les chiens aboient par la queue », dont la forme chorale rend hommage au « Tandis que j’agonise de Faulkner », Estelle-Sarah Bulle confronte la diversité des voix, des expériences, et comble une lacune de l’Histoire.
    L’Humanité, Sophie Joubert, 24 août 2018
  • Estelle-Sarah Bulle décrit l’archipel dans les années 1950, rendu exsangue par le régime de Vichy ; montre la diversité de la population; donne à entendre la beauté du créole et l’imagination flamboyante des croyances anciennes. Et, chemin faisant, elle remonte le cours cahotant de la vie d’une Antillaise jusqu’au 18e arrondissement de Paris.
    Lire, Gladys Marivat, septembre 2018

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