Littérature

William Melvin Kelley, Un autre tambour

William Melvin Kelley, Un autre tambour

Juin 1957. Sutton, petite ville tranquille d’un État imaginaire entre le Mississippi et l’Alabama. Un jeudi, Tucker Caliban, jeune fermier noir, répand du sel sur son champ, abat sa vache et son cheval, met le feu à sa maison et quitte la ville. Le jour suivant, toute la population noire de Sutton déserte la ville à son tour.

Quel sens donner à cet exode spontané ? Quelles conséquences pour la ville, soudain vidée d’un tiers de ses habitants ?
L’histoire est racontée par ceux qui restent : les Blancs. Des enfants, des hommes et des femmes, libéraux ou conservateurs. En multipliant et en décalant les points de vue, Kelley pose de façon inédite (et incroyablement gon ée pour l’époque) la « question raciale ». Une histoire alternative, féroce et audacieuse, un roman choc, tant par sa qualité littéraire que par sa vision politique.

Éditeur original : Delcourt

Critiques

  • Une critique puissante et opportune […]. De temps en temps, on redécouvre un « classique oublié » autour duquel le monde littéraire se rassemble […].
    Aujourd’hui, le livre nous offre une étude inébranlable de la psychologie des blancs du sud des États-Unis à l’aube du mouvement des droits civiques : sa belligérance contre le changement, l’incompréhension et la colère. Il est malheureux de penser que près de 60 ans plus tard, l’histoire de Kelley semble tout aussi opportune et urgente, mais quel cadeau fait à la littérature que nous redécouvrons ici.
    The Guardian, Arifa Akbar, 26 novembre 2018
  • C’est un roman raconté à plusieurs voix. Nous entendons un chœur d’hommes qui s’assoient sur le porche de l’épicerie pour rappeler le passé de la ville […]. L’une des facettes les plus frappantes du roman est qu’il observe la vie noire exclusivement à travers les yeux des personnages blancs. Les voix des personnages noirs du livre apparaissent dans le dialogue, mais autrement elles ne parlent pas d’elles-mêmes. […]. Les raisons pour lesquelles « Un autre tambour » a disparu des radars de la littérature […]. Les lecteurs noirs cherchaient à être représentés dans la littérature ; les lecteurs blancs ne voulaient pas se faire dire ce qu’ils pensaient par un écrivain noir.
    Financial Times, Erica Wagner, 30 novembre 2018
  • Kelley livre ses observations avec un humour caustique et une compassion surprenante. Les comparaisons de ses débuts avec les livres de James Baldwin et Faulkner sont justifiées. […] Le récit fascinant d’un homme, las des mots et de la politique, qui prend une décision apparemment absurde aux yeux de la société.
    The Irish Times, Sarah Gilmartin, 17 novembre 2018
  • Le thème, la condition afro-américaine, est le même mais l’écriture radicalement différente […]. Un roman qui questionne, une très belle écriture, le plaisir d’une redécouverte.
    La Voix du Nord n° 23973, Anne-Sophie Hache, 5 septembre 2019

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