Littérature

Olivier Rogez, Les hommes incertains

Olivier Rogez, Les hommes incertains

Anton a vingt ans. Fraîchement débarqué de Sibérie, il vit à Moscou chez son oncle Iouri Nesterov, haut responsable du KGB. Autour d’eux, le monde s’effondre. Nous sommes en 1989, la fièvre de la perestroïka s’est emparée de leur pays et la chute du mur de Berlin va entraîner celle de l’Union soviétique.

Chargé de surveiller de près la lutte politique qui se joue au sommet de l’État, spectateur désabusé d’un régime qu’il ne défend plus que par devoir, Iouri ne croit plus aux idéologies ni aux révolutions. Dans cette ville bouillonnante où se joue le drame collectif d’une nation, il accompagne la folle destinée de personnages déboussolés par l’époque : la peintre Helena, Aliona et ses talents divinatoires auxquels Anton ne reste pas longtemps insensible, Gueorgui le sombre Géorgien, ou encore le mystérieux starets qui semble surgir de la Russie prérévolutionnaire.

Alors que l’affrontement entre Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine menace de disloquer l’empire rouge, Iouri et Anton vont chacun à leur façon chercher à influencer le cours des événements. Les révolutions sont toujours l’occasion de mettre en valeur les grands hommes, à condition toutefois de ne pas se laisser dévorer : entre le sauve-qui-peut général et le chacun-pour-soi, ne risquent-ils pas d’y laisser leur âme ?

Éditeur original : Le Passage

Critiques

  • Aussi enlevée qu’un roman de Marc Dugain, la fresque d’Olivier Rogez regorge de complots, de mafieux et de personnages troubles à l’heure des derniers feux de l’URSS. Une lutte à mort entre requins capitalistes, impatients de croquer les richesses de l’empire, et les derniers gardiens du temple communiste. Tant pis pour les naïfs et les utopistes, tant mieux pour la littérature !
    Paris Match n° 3667, Valérie Trierweiler, 22 août 2019
  • Dans cette brillante fresque, où les destins des individus déboussolés s’unissent et se heurtent à une grande Histoire qui s’emballe, Olivier Rogez nous entraîne, sur un rythme endiablé, dans les coulisses du Kremlin et du KGB […]. Si le tableau est si saisissant, c’est notamment parce que l’auteur, journaliste et romancier, a une connaissance intime de son sujet et de l’homo sovieticus.
    L’Obs, Jean-Baptiste Naudet, 9 octobre 2019

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