Littérature

Claire Berest, Rien n’est noir

Claire Berest, Rien n'est noir

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages ? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques. »

Éditeur original : Stock

Critiques

  • Mais si « Rien n’est noir » s’en tenait à un seul exercice de style, il serait vite fastidieux. Alors qu’au fil des pages, la vie déborde de toutes parts. Et les phrases se font poétiques, les mots sont chargés d’images.
    L’Express n° 3555, Éric Libiot, 21 août 2019
  • « Rien n’est noir » est une réflexion remuante sur le double statut des tragédies (carburants et obstacles à la fois), sur la création artistique vue comme une succession de creux et de bosses, et sur la passion amoureuse, ce poison addictif dont il semble impossible de se débarrasser.
    Slate, Thomas Messias, 21 août 2019
  • Claire Berest s’intéresse à une nouvelle figure artistique féminine, la peintre Frida Kahlo […]. Ce qui intéresse l’auteure, c’est d’explorer ce qui est à l’œuvre quand on est « la femme de ».
    Technikart n° 233, Louis-Henri de La Rochefoucauld et Léonard Desbrières, été 2019
  • Claire Berest transcende les faits réels […]. « Rien n’est noir » (la phrase est extraite d’une lettre de Frida) retrace l’invention d’une femme par elle-même, en artiste légendaire qui sublime ses maux, et en amante par-dessus tout. En trois couleurs primaires, bleu, rouge, jaune, Claire Berest décline une passion fixe.
    Elle n° 3845, Olivia de Lamberterie, 30 août 2019
  • L’écrivaine ne propose pas une biographie, elle se concentre sur l’histoire d’amour entre Diego Rivera et sa muse […]. L’écrivaine ne propose pas une biographie, elle se concentre sur l’histoire d’amour entre Diego Rivera et sa muse.
    Paris Match, Valérie Trierweiler, 5 septembre 2019
  • Avec une verve et une énergie qui vous emportent, page après page, l’écrivaine Claire Berest s’emploie bien plus qu’à brosser son portrait, mais à tenter d’élucider toute une série de mystères.
    Le Journal du Dimanche n° 3799, François Vey, 3 novembre 2019

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