Littérature

Monica Sabolo, Eden

Monica Sabolo, Eden

«Un esprit de la forêt. Voilà ce qu’elle avait vu. Elle le répéterait, encore et encore, à tous ceux qui l’interrogeaient, au père de Lucy, avec son pantalon froissé et sa chemise sale, à la police, aux habitants de la réserve, elle dirait toujours les mêmes mots, lèvres serrées, menton buté. Quand on lui demandait, avec douceur, puis d’une voix de plus en plus tendue, pressante, s’il ne s’agissait pas plutôt de Lucy – Lucy, quinze ans, blonde, un mètre soixante-cinq, short en jean, disparue depuis deux jours –, quand on lui demandait si elle n’avait pas vu Lucy, elle répondait en secouant la tête : « Non, non, c’était un esprit, l’esprit de la forêt. »»

Dans une région reculée du monde, à la lisière d’une forêt menacée de destruction, grandit Nita, qui rêve d’ailleurs. Jusqu’au jour où elle croise Lucy, une jeune fille venue de la ville. Solitaire, aimantant malgré elle les garçons du lycée, celle-ci s’aventure dans les bois et y découvre des choses, des choses dangereuses…
La faute, le châtiment et le lien aux origines sont au cœur de ce roman envoûtant sur l’adolescence et ses métamorphoses. Éden, ou le miroir du paradis perdu.

Éditeur original : Gallimard

Critiques

  • Mêlant mysticisme, sensualité et sororité, Sabolo explore encore le thème des adolescences abîmées et les féminités guerrières dans une fable moderne.
    Les Inrockuptibles n° 1237, 14 août 2019
  • Sans doute pourrait-­on présenter cet « Eden » superbement mystérieux comme un roman « éco­féministe » […]. Cela serait vrai, mais ne dirait pas grand­-chose de son charme puissant, de la force des images que fait surgir Monica Sabolo (on pense immanquablement à Laura Kasischke), de la délicatesse avec laquelle elle se collette à la question de l’exploitation, ni de la poésie avec laquelle elle accompagne l’affranchissement d’une poignée de jeunes femmes. À la grâce, elle ajoute une profondeur et une maîtrise de ses moyens romanesques qui lui offrent une place toute particulière dans le paysage littéraire français.
    Le Monde n° 23220, Raphaëlle Leyris, 6 septembre 2019
  • La mise en scène est pénétrant, atmosphérique, toxique, d’une noirceur irradiante. Sabolo n’écrit pas des thrillers, Sabolo écrit de grands sortilèges.
    Le Point n° 2460, Marine de Tilly, 17 octobre 2019
  • Abrupte et onirique, se tenant aux confins du fantastique, Monica Sabolo raconte dans cet épineux « Éden » les basculements de l’adolescence, « ce que l’on a été, ce que l’on n’est plus. Les métamorphoses mystérieuses ».
    La Croix, Fabienne Lemahieu, 23 octobre 2019

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