Littérature

Emma Becker, La maison

Emma Becker, La maison

« J’ai toujours cru que j’écrivais sur les hommes. Avant de m’apercevoir que je n’écris que sur les femmes. Sur le fait d’en être une. Écrire sur les putes, qui sont payées pour être des femmes, qui sont vraiment des femmes, qui ne sont que ça ; écrire sur la nudité absolue de cette condition, c’est comme examiner mon sexe sous un microscope. Et j’en éprouve la même fascination qu’un laborantin regardant des cellules essentielles à toute forme de vie. »

Éditeur original : Flammarion

Critiques

  • Emma Becker dit le pathétique et le délicieux, le frisson et la comédie du plaisir, fascinée par un univers qu’elle rêvait de connaître et qui ne la déçoit pas […]. Dans le cocon de « La Maison », dans ce bordel chic et légal qui n’a rien d’un abattoir, la narratrice trouve un « étrange foyer » où se dégage une puissance féminine face aux hommes dépendants qui reviendront frapper à la porte pour retrouver leurs « prêtresses du rêve ».
    Telerama n° 3639, Christine Ferniot, 9 octobre 2019, TT
  • L’auteure sait saisir et retranscrire la beauté, tout en faisant souvent preuve d’humour ou d’une légèreté grave qui caresse le regard […]. Reste sa vision d’elle-même, sur son travail, l’écriture et la prostitution, le bordel et son propre corps.
    Libération n° 11924, Quentin Girard, 5 et 6 octobre 2019
  • Le livre vaut pour la précision de ces passes où les filles ont l’œil sur la pendule, et la description du mauvais goût splendide du bordel. […] Mais c’est long, deux ans à satisfaire des désirs qu’on ne partage pas, et le livre l’est aussi.
    Le Point n° 2451, Claude Arnaud, 22 août 2019
  • En 370 pages, cette petite sœur de Grisélidis Réal – même style lapidaire et même sidérante humanité – fait tomber tous les tabous, préjugés, médisances, hiérarchies, qui, des deux côtés du Rhin, s’attachent à ce très vieux métier.
    L’Obs, Jérôme Garcin, 26 août 2019
  • À vrai dire, il se dégage quelque chose d’assez hypnotique de ce livre, par ailleurs très bien écrit, on éprouve l’impression d’être guidé dans le dédale des parfums et des couloirs tamisés. « La Maison » est un objet rare, aussi atypique que doit l’être la personnalité de son auteure.
    L’Express n° 3559, David Foenkinos, 18 septembre 2019, 16/20

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