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Frank King, Walt & Skeezix

Walt & Skeezix, Frank King

Un matin de 1921, Walt, célibataire endurci et mécano amateur, ouvre sa porte et découvre, abandonné sur son perron, un nouveau-né : Skeezix.

Chef d’œuvre de Frank King, le strip Walt & Skeezix, démarre en réalité dès 1918, comme la chronique, titrée Gasoline Alley, d’une middle-class américaine passionnée d’automobile. Mais l’apparition du bébé Skeezix bouleverse tout cet univers, y compris l’approche de Frank King qui décide, à partir de là, de faire vieillir les personnages au rythme de la parution des strips. Dès lors, les jours qui passent dictent la cadence d’un double apprentissage, de la paternité pour ce vieux garçon un poil empoté, de la vie pour Skeezix — ses premiers pas, son entrée à l’école puis, des années plus tard, son départ pour la guerre…

Profondément touchante, cette série dresse ainsi, avec humour et tendresse, les contours de ce qui fait la vie ordinaire et le quotidien, offrant au lecteur un double, un reflet dans lequel reconnaître et apprécier son existence. Le présent livre propose une sélection des plus belles pages du dimanche de Frank King : superbes respirations au strip quotidien — de grand format et en couleurs — elles rendent grâce à ses talents de dessinateur.

Promenades, baignades ou parties de campagne : ces pages mettent en avant les joies de l’enfance, les jours heureux des vacances, pendant lesquels la relation filiale se construit avec finesse. Publiées entre 1921 et 1934, ces quatre-vingts planches offrent un aperçu passionnant de cette œuvre vertigineuse et composent une porte d’entrée idéale vers un univers riche et délicat, dont se réclament Chris Ware et les plus grand auteurs anglo-saxons actuels.

Immense classique du strip américain, Walt & Skeezix traverse enfin l’Atlantique ; il était plus que temps.

Éditeur BD France : 2024 (acheter sur Amazon)

Critiques

  • Dans les scènes fantasmées comme réalistes, Frank King montre une finesse de trait et un brio de coloriste, modestement frappés du sceau du génie.
    Telerama n° 3637, François Gorin, 25 septembre 2019, TTT
  • Le prodige de Gasoline Alley tient dans la description d’un quotidien ordinaire qui émeut autant qu’il informe, jour après jour, semaine après semaine, sur les évolutions et les mœurs de la classe moyenne américaine.
    Le Monde n° 23178, Frédéric Potet, 19 juillet 2019
  • Espace de la régularité, de l’insouciance – de la certitude presque – qui retranscrit dans ses pages les événements saisonniers qui scandent la vie de ses lecteurs, le strip se charge soudain chez King d’un sens aigu de l’éphémère, de la fragilité. […] Le dessin rotond de Frank King se trouve alors comme transfiguré par l’usage de la couleur.
    Libération n° 11865, Marius Chapuis, 27 et 28 juillet 2019
  • Plus tard, adulte, le premier participera à la Seconde Guerre mondiale. Cet imposant volume ne va pas jusque-là et propose des merveilles de délicatesse où l’inventivité graphique de King ravit. Il suffit de voir comment, après la visite d’un musée, Walt et Skeezix imaginent le paysage façon cubiste ou expressionniste.
    Les Inrockuptibles n° 1245, Vincent Brunner, 9 octobre 2019
  • Le vieillissement des personnages a été la grande idée de Frank King, qui mena un strip légendaire intitulé Gasoline Alley entre 1914 et 1969, montrant la façon dont le temps se saisit des individus. La série existe encore, mais avec d’autres auteurs. Et son influence est telle que plusieurs dessinateurs s’en sont inspirés.
    Vanity Fair n° 72, Joseph Ghosn, septembre 2019
  • Pour la première fois, des personnages dessinés vieillissent au cours des années. Courant de 1921 à 1934, les 80 planches en couleurs du dimanche réunies dans Walt & Skeezix voient le bébé se muer en galopin de 13 ans.
    Le Temps, Antoine Duplan, samedi 28 septembre

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