Littérature

Julie Wolkenstein, Et toujours en été

Julie Wolkenstein, Et toujours en été

Julie Wolkenstein invente avec ce nouveau livre une émouvante forme d’autobiographie contemporaine. Et toujours en été s’inspire des jeux vidéos dits escape games (ou escape the room) dans lesquels les joueurs doivent explorer pièce par pièce une maison, un château, collecter des indices et ainsi progresser et finir par découvrir une histoire et ses secrets.

« Un escape game c’est comme la vie. Surtout lorsque cette vie (la mienne) est d’abord un lieu, une maison aux multiples pièces, chacune encombrée de souvenirs et peuplée de fantômes », écrit la narratrice. Les fantômes, il y en a deux principalement, le père, écrivain et académicien, mort en 2006, et le frère disparu en novembre 2017. Il y a aussi le souvenir de l’Anyway, le voilier du père transmis à son fils. La narratrice s’adresse à ses lecteurs et nous participons avec elle à la visite de la maison familiale de Saint-Pair-sur-mer dans la Manche. On remonte le temps, celui des étés des années 70 et 80, mais aussi de plus lointaines époques. Comme dans les escape games, il y a parfois des raccourcis topographiques à découvrir et à emprunter pour aboutir à des révélations. C’est en quelque sorte une « vie mode d’emploi ». Les pièces, les meubles, les objets de toutes sortes (tableaux, disques vinyles, horloges, livres, instruments de cuisine, jouets…) forment un drôle de puzzle autant spatial que temporel, à reconstituer pour faire apparaître avec bienveillance et mélancolie l’histoire d’une famille. Son humanité, avec ses failles et ses disparitions.

Éditeur original : P.O.L

Critiques

  • Seule l’écriture peut capter des instants, les immobiliser, les rendre semblables, comme le sont, au cinéma, souvenir vécu et souvenir rêvé. Le montage s’efface, faisant entendre la voix de Julie Wolkenstein, détachée, mélancolique, et pour le lecteur attentif, il n’est plus question de quitter la maison, mais de s’y attarder.
    La Croix n° 41608, Francine de Martinoir, 16 janvier 2020
  • Il y a de la magie dans ce livre bizarre : il invite à contempler avec plus d’attention voire de compassion ce qui nous entoure et les silences parmi lesquels nous vivons. Il fait réapprendre l’amour des objets et des choses.
    Telerama n° 3652, Fabienne Pascaud, 8 janvier 2020, TT
  • La structure ludique de l’escape game adoptée par Julie Wolkenstein nimbe de gaieté « Et toujours en été », ouvrage hanté par les fantômes de son père et de son frère. […] Un livre d’une profondeur bouleversante, sous la pudeur de sa forme divertissante et sous l’humour pince-sans-rire de son auteure.
    Le Monde n° 23352, Raphaëlle Leyris, 7 février 2020
  • On sent bien que Julie Wolkenstein, peu encline à l’autofiction, a écrit ce livre sous une forme faussement ludique pour, sans céder à l’émotion, sans montrer son chagrin, nous permettre de les frôler, ou d’être frôlés par eux.
    L’Obs, Jérôme Garcin, 16 janvier 2020

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