Littérature

Gary Shteyngart, Lake Success

Gary Shteyngart, Lake Success

À quarante-trois ans, Barry Cohen, New-Yorkais survolté à la tête d’un fonds spéculatif de 2,4 milliards de dollars est au bord du précipice. Sous le coup d’une enquête de la Commission boursière, accablé par la découverte de l’autisme de son jeune fils, il prend une décision aussi subite qu’inattendue et embarque dans un car Greyhound. Destination : le Nouveau-Mexique où demeure celle qui fut jadis son premier amour, et avec qui il imagine pouvoir refaire sa vie. Une vie plus simple, plus saine, plus heureuse. Commence alors une folle traversée du continent. D’est en ouest, de highways en freeways, Barry découvre une autre Amérique : celle des pauvres, des marginaux, des déclassés. Pendant que sa femme, Seema, entame une liaison avec un romancier, Barry fonce vers une improbable rédemption.

Sans se départir de son humour loufoque, Gary Shteyngart dresse le portrait d’une Amérique déboussolée, à la veille de l’élection de Donald Trump, et nous entraîne dans un road-trip qui tient plus des montagnes russes que du voyage d’agrément.

Éditeur original : Random House
Éditeur français : L’Olivier

Critiques

  • En réalité, il y a quelque chose de miraculeux dans « Lake Success » : ce livre peuplé de personnages habités par la colère parvient à dégager, derrière son inconfort et son immense drôlerie, une surprenante douceur.
    Le Monde n° 23327, Raphaëlle Leyris, 9 janvier 2020
  • « Lake Success », un quatrième roman hilarant et féroce dans lequel il dézingue également le monde de la finance dérégulée […]. C’est le début d’une quête rocambolesque à travers l’Amérique en bascule. Une aventure aussi comique que pathétique doublée d’un réquisitoire sévère contre le monde de la finance et ses sbires dégénérés.
    Les Inrockuptibles n° 1259, Léonard Billot, 15 janvier 2020
  • Et comme c’est Gary Shteyngart, l’auteur de l’excellent Absurdistan, qui pilote, on peut s’attendre à des péripéties humoristiques qui joueront sur le contraste entre les mœurs de ce millionnaire collectionneur de montres et les réalités de l’Amérique profonde.
    Le Nouveau Magazine Littéraire n° 26, Alexis Brocas, février 2020, 3/5
  • Ce que le roman de Gary Shteyngart a de singulier ou de plus que les autres, c’est un humour que la loufoquerie ne sature pas et un angle de vue quasiment documentaire sur l’Amérique blanche et pauvre. Il décrit à merveille les tenues, les silhouettes, les gestes, les goûts, la sexualité des individus riches ou pauvres que croise Barry. Tous sont malades, esquintés.
    Libération, Virginie Bloch-Lainé, 10 janvier 2020
  • Quand un auteur de la trempe de Shteyngart réécrit « Sur la route » en 2016, de New York à El Paso et retour, ainsi qu’il le précise page 25 : « dans la prose réfléchie d’un homme mature », c’est un tel bonheur qu’on serait fou de faire la fine bouche. En conclusion, faites bien attention : ce roman donne envie de partir très vite pour pleurer très loin, sans prendre de billet retour.
    Le Figaro Magazine n° 23446, Frédéric Beigbeder, 3 et 4 janvier 2020
  • Le principal plaisir de ce roman est de voir la nation – ses paysages, ses habitants, sa politique caillée, ses inégalités de plus en plus féodales – à travers les filtres vibrants de l’esprit […] de Shteyngart. […] Un roman si piquant, si fringant et si soucieux de sonder les dissonances et les illusions – individuelles et collectives – qui s’emparent de cette terre étrange qui s’éloigne de plus en plus.
    The New York Times, Jonathan Miles, septembre 2018

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